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Génèse

Métèque?

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étèque ne possède aucun antonyme. Comme si la langue elle-même le reléguait plus encore en lui refusant un adversaire. Le métèque ? Il ne se définit qu’en opposition au citoyen légitime. Cette double peine m’arrange, en un sens.
Cette revue veut n’engranger que les couacs. Il y a une raison valable, loin de toute afféterie : nous crevons tous de manque. Toutes nos Valda restent coincées. Qui pourra dire qu’il est libre ? Qui prétendra qu’il est débarrassé du nœud qui le garrotte ?

Est donc métèque celui pour qui la vie est difficilement respirable, mais qui ne se laisse pas asphyxier pour autant.
Métèque, celui qui peine dans ce monde, mais qui trace son chemin de l’âne, loin, aussi loin qu’il le peut…
Métèque, celui qui produit du sens malgré la frivolité qui gagne.
Métèque, celui qui ne troquerait sa place de métèque pour rien au monde.
Métèque, celui qui s’arme jusqu’aux dents pour descendre en lui-même.
Métèque ahuri, métèque grandiose, métèque dandy, métèque donneur de son sang, métèque partisan, métèque ébloui, éblouissez-nous, éblouissez-vous !

JfDalle

©Photo : Férial